La fin des pesticides tueurs d'abeilles ?

Les députés ont adopté en seconde lecture l'article 51 interdisant l'usage des néonicotinoïdes, une famille de pesticides nocifs pour les abeilles et les insectes pollinisateurs.

© DRDans le cadre du projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, l'article 51 visant l'interdiction des néonicotinoïdes a été pour le moins polémiste et animé ! Il a été finalement  adopté par les parlementaires de l’Assemblée nationale en seconde lecture, lundi 17 mars, par 30 voix contre 28. 

Pas avant 2018

Le texte initial prévoyait la mise en application de l'interdiction dès le 1er janvier 2017, il n'en sera rien ! Sa mise en application est reculée au 1er septembre 2018 sur l’ensemble des cultures, « y compris les semences traitées avec ces produits ». Le texte prévoit également qu’un arrêté ministériel définisse, après avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), des « solutions de substitution » à ces substances. La députée Delphine Batho, qui regrette ce report à 2018 estime qu'on renverse enfin la mécanique. « L’interdiction des néonicotinoïdes devient la règle et leur utilisation l’exception, contrairement à aujourd’hui », se félicite t-elle. Reste que la mesure doit encore être confirmée en deuxième lecture au Sénat, normalement avant l’été.

Le drôle de jeu de Stéphane Le Foll

Quant au ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, ce dernier a créé une vive polémique en adressant une lettre aux députés, trois jours avant le vote, afin de les inciter à refuser une interdiction « brutale » des néonicotinoïdes. Cette procédure très inhabituelle n'est pas passée inapercue. Et la réponse que lui ont adressée les députés Delphine Batho, Gérard Bapt et Jean-Paul Chanteguet, à la pointe du combat contre ces pesticides, interroge sur le bien fondé de cette intervention. « Il est largement démontré que mettre fin à l’usage de ces substances n’a pas d’effet sur le rendement des récoltes de céréales et d’olléagineux », assurent les trois parlementaires. « Nous sommes donc profondément convaincus qu’il existe aujourd’hui une convergence d’intérêt entre agriculteurs et apiculteurs, au regard de la menace que fait planer sur l’ensemble de l’agriculture l’effondrement des populations de pollinisateurs. » 

Arrêter le massacre !

Du côté des apiculteurs, on estime que le temps presse : « Les néonicotinoïdes sont arrivés en France en 1994. Depuis, environ 300 000 colonies d’abeilles domestiques périssent chaque année, déclare Henri Clément, porte-parole et ancien président de l’Union nationale de l’apiculture française (l’Unaf). Aujourd’hui, on dénombre plus de mille enquêtes scientifiques à charge contre les néonicotinoïdes. Les apiculteurs visent particulièrement l’imidaclopride – « 7 297 fois plus toxique que le DDT » –, qui est en train de se diffuser largement dans l’environnement. Depuis 2013, cet insecticide est apparu parmi les quinze substances les plus détectées dans les cours d’eau en France, alors qu’il était au-delà du 50e rang cinq ans auparavant. Les Français, quant à eux, prennent conscience de l'urgence à sauver les abeilles. Ils ont été plus de 650 000 personnes à signer les cinq pétitions lancées par les ONG pour interdire les néonicotinoïdes et mettre fin au massacre des abeilles.

 

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